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Expériences

Ce que j’ai appris en stage de conduite chez Philippe Ménage

26 Oct , 2014  

Dans ma quête insatiable de vouloir devenir un meilleur pilote (et accessoirement conducteur…), il m’a été proposé d’effectuer un stage de conduite au centre de Maîtrise du Volant (www.maitriseduvolant.be). Trois mots pour me convaincre : apprentissage, maîtrise et glisse. Pas besoin d’explications supplémentaires. Rendez-vous donc chez Philippe Ménage, dans son école de Hermalle-sous-Argenteau (près de Visé, en Belgique) pour s’essayer à son stage « Défensif ». Un stage très populaire notamment dans les entreprises, pour les détenteurs de voitures de société, les jeunes conducteurs et toute personne voulant améliorer sa technique et ses réflexes au volant. DCIM105GOPRO Il est 13h30. Nous sommes 3 personnes en plus du moniteur, c’est parti pour un briefing d’une heure sur les bases essentielles de la maîtrise du volant, de la physique, de la gestion des transferts de masses ou encore du comportement et des réflexes acquis. Après une introduction sur la physique et ses applications aux 4 roues, le cours prend une tournure plus « physio-psychologique ». L’idée est que, la meilleure façon d’éviter un obstacle de manière efficace est de se projeter dans le futur et de s’en remettre à nos réflexes et comportements acquis tout en laissant le moins d’émotions (comme la peur ou la stupeur) nous perturber. Comment ? Grâce au regard. C’est le regard qui contrôle nos mains et, par conséquent, notre maîtrise du volant. Il est donc impératif d’apprendre à maîtriser son regard pour maîtriser ses mains. 3 points essentiels :

  • La physique car elle est la même pour tout être humain sur terre
  • Les émotions qu’il faut savoir canaliser pour éviter d’entraver nos projection dans le futur
  • Et le regard qui est notre vecteur de projection

Après ce synopsis du cours théorique, passons à la pratique, dans une Golf 7 2.0 150 chevaux qui s’avère être une voiture particulièrement agréable. DCIM105GOPRO DCIM105GOPROLa piste est en forme d’ovale, volontairement détrempée avec quelques portions alternatives pour effectuer freinages d’urgence, drift ou des variantes d’évitement d’obstacles. 80% des manoeuvres dans le cadre de la formation « Défensive » se résume à un exercice : l’évitement d’obstacle en condition d’adhérence réduite. D’abord sans ESP, à 30, 35 puis 40 km/h. Toujours débrayé, on cerne plus facilement les transferts de masse qui s’appliquent ce qui permet de mieux les comprendre et d’apprendre plus rapidement les réponses à apporter afin de maîtriser la stabilité de la voiture. Si sur le papier, ça paraît hyper simple, en réalité, les premiers tours de roues sont plutôt délicats…

Et c’est là qu’intervient la technique du regard : il faut projeter les yeux loin, dans l’avenir, et voir, imaginer où sera la voiture dans 30 mètres. Et ça, c’est galère. Pourtant, il arrive que parfois, sans trop comprendre pourquoi, tes yeux écoutent l’instructeur et regardent vers l’avenir. Tu t’en remets donc à tes réflexes et tes comportement acquis pour diriger le véhicule, le tout régit simplement par tes yeux. Et ça passe. Cette technique, j’en avais déjà entendu parler lors d’un stage chez Sprint Racing.

Les yeux sur le point de braquage, une fois le point de braquage passé, les yeux sur la corde, une fois la corde passée, les yeux sur le prochain point de braquage. Il s’agit toujours, toujours de se projeter dans l’avenir.

Et apparemment, ça fonctionne. C’est comme si ton subconscient était plus à même de diriger une voiture que ton conscient.

Ensuite, on reprend les mêmes exercices mais avec l’ESP enclenché. Et la différence est flagrante. C’est moins marrant dans les virage car il n’y a plus cette sensation de glisse et de connexion avec la voiture mais à l’inverse, c’est efficace. Dans les mêmes conditions, il est maintenant possible de passer 10 km/h plus rapidement et de manière beaucoup plus propre. Mais, on ne contrôle plus vraiment la voiture, elle se contrôle toute seule, ce qui est assez frustrant. Question sécurité, c’est hallucinant de voir les progrès qui ont été faits au niveau des assistances à la conduite.

C’est là, l’un des intérêts principaux de ce genre de stage. C’est de pouvoir comprendre par la pratique le fonctionnement, les apports de ce genre de technologies et comment les utiliser de manière optimale. Dans un cadre comme celui-là, où la sécurité est assurée et tout dégât matériel pratiquement impossible, on peut tout essayer, ce qui est évidemment impossible sur route ouverte.
Et là, on commence à apprendre. Par exemple, la différence, en pratique, d’un freinage avec ou sans ABS, ce que ça fait de faire un tête-à-queue, ne serait-ce qu’à 30km/h, le rallongement des distances de freinage en fonction de la vitesse…

Les 2h de pratique sont écoulées, il est l’heure de plier bagage… après une petite démo du conducteur sur les étapes suivantes et la maîtrise avancée du véhicule

Pilote chevronné ou débutant complet, il est toujours intéressant d’aller faire un tour chez Philippe Ménage. C’est le meilleur endroit pour mettre en pratique et enfin pouvoir associer des sensations, des ressentis à la théorie. Glisse, perds le contrôle, essaie différentes techniques de pilotages et éclate-toi. En plus, t’en ressortiras meilleur pilote alors pourquoi s’en priver ?

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Romain W. By  -    
Fondateur de Pétrolistes.com. Pilote du dimanche à temps partiel. C'est le berger des circuits, la safety car. Toujours devant, loin devant. #menteur