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Cela a été le cas pour Michael Schumacher et maintenant, malheureusement pour Jules Bianchi, on nous a parlé de trauma crânien sévère. Même si l’expression a l’air vague, elle veut néanmoins définir quelque chose de relativement précis.
Explications du Dr. Gary Hartstein, ancien délégué médical en chef pour la FIA.

Les traumas crâniens sont généralement définis selon trois classes : léger, modéré et sévère. Ils dépendent tous de l’échelle de coma de Glasgow, une procédure standardisée permettant d’évaluer l’état d’un patient ayant subit un choc cérébral.

Le premier examen pratiqué lorsque ce type de patient est admis est celui des pupilles. En temps normal, elles sont à moitié ouvertes et réagissent à la lumière.

Selon certaines circonstances, cela peut changer.

Le diamètre des pupilles est contrôlé par le tronc cérébral où beaucoup d’autres fonctions vitales sont regulées. Les variations de diamètre des pupilles représentent donc un témoin de ce qui peut se passer au niveau neurologique.

Pour exemple, des pupilles dilatées qui ne réagissent pas à la lumière sont un signe très très flippant (c’était d’ailleurs la première constatation de Sid Watkins, ancien médecin des pilotes en chef pour la F1, lorsqu’il a vu Ayrton Senna, quelques minutes à peine après son crash fatal. Dès cet instant, il savait que tout espoir était quasiment perdu).

Une seul pupille dilatée signifie que le tronc cérébral a été compressé de manière asymétrique et ce n’est pas bon signe du tout, non plus. Une réaction TRES rapide est indispensable face à ce genre de cas.

En plus de l’examen des pupilles, d’autres sont pratiqués et permettent, selon un système de points, de définir l’état du patient et les soins qu’il requiert. L’échelle de ces points varie de 3 (coma profond ou mort) à 15 (personne parfaitement consciente).

Trauma léger : entre 13 et 15 points
Trauma modéré : entre 9 et 12 points
Trauma grave/sévère : moins de 8 points.

Voici comment déterminer le nombre de point selon l’état d’un patient :

Analyse des yeux

  • Les yeux s’ouvrent spontanément : 4 points
  • Les yeux s’ouvrent quand on parle à la victime : 3 points
  • Les yeux s’ouvrent lorsque la personne reçoit un stimulus douloureux : 2 points
  • Les yeux ne s’ouvrent pas : 1 point

Réponse verbale

  • Paroles ordonnées, bien orientées : 5 points
  • Paroles confuses : 4 points
  • Paroles inappropriées mais étant quand même des mots : 3 points
  • Seulement des sons : 2 points
  • Pas de son : 1 point

Réponse motrice

  • Le patient obéit à des ordres simples : 6 points
  • Pousse une main agissant de manière gênante : 5 points
  • Réaction vagues à divers stimuli : 4 points
  • Réponse stéréotypée par flexion des membres : 3 points
  • Réponse stéréotypée par extension des membres : 2 points
  • Pas de mouvement : 1 point

Généralement, les blessures légères au niveau cérébral sont situées entre 13 et 15 points. Les patients perdent un ou deux points car ils ferment les yeux quand on les laisse seuls ou parce qu’ils sont confus.

Les traumas sévères perdent beaucoup de points avec les yeux (score de 1 à 2 maximum). Ils perdent aussi des points sur le verbal malgré le fait que certains soient capables de parler (lorsqu’ils sont très vite pris en charge, avant que la pression soit trop importante à l’intérieur du crâne), mais la situation se détériore rapidement. Et très souvent, les patients atteint de traumas graves montrent des réponses motrices anormales ce qui témoigne d’une pression importante dans le cerveau à cause d’un hématome.

Courage Jules !

(source Jalopnik.com & Wikipedia.com)